COMMUNIQUE DE PRESSE N°002/RDC – 2021 RDCONGO : LA VSV CONDAMNE L’ARRESTATION DE L’ARTISTE MUSICIEN IDENGO DELCATO A BENI, PROVINCE DU NORD-KIVU ET EXIGE SA LIBERATION IMMEDIATE ET SANS CONDITION

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) condamne l’arrestation et la détention illégale  depuis le 02 février 2021 de l’artiste musicien IDENGO Delcato, à Beni, province du Nord-Kivu par les Services de Renseignements Militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

Selon les informations  parvenues à la VSV, il est reproché à la victime d’avoir commis « l’infraction d’outrage à certaines autorités » dans l’une de ses chansons en qualifiant ces dernières de « politiciens escrocs ».                  Il s’agirait notamment du Gouverneur de la Province du Nord-Kivu , des parlementaires de Beni et du Chef de l’Etat auxquels il aurait fait allusion dans sa chanson suite à la  non matérialisation des promesses faites à la population pendant la campagne électorale notamment la sécurité des personnes et leurs biens, l’amélioration du social ou des conditions de vie de la population, etc.

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) déplore l’immixtion  des militaires dans cette affaire ainsi que la détention de l’artiste musicien dans les services des renseignements militaires alors que ce qui est reproché à l’artiste musicien ne relève nullement du domaine militaire.

La VSV rappelle à toutes les autorités congolaises l’obligation qui leur incombe de respecter et faire respecter tous les Droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales sans lesquels aucune vie dans la dignité n’est possible.

Le droit à la liberté d’expression est garanti à toute personne par les instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux à l’instar du Pacte international relatifs aux droits civils et politiques ratifié par la RDCongo le 01 novembre 1976. Ce Pacte en son article 19 dispose : «  Nul ne peut être inquiété pour ses opinion. Toute personne a droit à la liberté d’expression, ce droit comprend la liberté de rechercher, recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontière, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix ».

Pour la VSV, le droit à la liberté d’expression de l’artiste musicien a été violé et elle dénonce la politique visant à le réduire au silence en lieu et place de tirer les conséquences du contenu de sa chanson notamment le respect de la parole donnée par les autorités en réalisant les promesses faites à la population. Le contenu de la chanson de IDENGO Delcato, loin de nuire aux autorités ne cherche qu’à attirer l’attention de celles-ci sur le fait que la population et tous ses besoins et aspirations profondes doivent être au centre des préoccupations des gouvernants.

La VSV craint que dans le futur beaucoup de personnes ne soient envoyées en prison à cause de la jouissance du droit à la liberté d’expression tel que décrit ci-haut par ceux et celles qui ne veulent pas des critiques. Elle demande aux services de sécurité de cesser d’induire les autorités en erreur pour leurs intérêts personnels parfois pour raison de promotion ou autres au risque de voir un jour nos autorités figurer sur des listes noires des autorités qui ne respectent pas les droits humains.  

Au regard de tout ce qui précède, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) demande aux autorités militaires, politiques et judiciaires congolaises en général et celles de la province du Nord-Kivu en particulier de :

  • Tout mettre en œuvre pour la libération immédiate et sans condition de l’artiste musicien IDENGO Delcato afin de lui permettre de poursuivre ses activités ;
  • Respecter et faire respecter le droit à la liberté d’expression garanti à toute personne ainsi que tous les autres droits humains.

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