PRESSE N°004 – 2020 RDCONGO : SONNETTE D’ALARME CONTRE LE CALVAIRE ENDURE PAR LES DEMOBLISES CANTONNES AU CAMP MILITAIRE CETA A KINSHASA

La Voix des Sans Voix pour les droits de l’Homme (VSV) exprime sa vive désapprobation relativement au calvaire enduré par deux cent soixante-sept (267) démobilisés cantonnés sur un terrain broussailleux du Centre d’Entrainement des Troupes Aéroportées (CETA) sis, Commune de la N’Sele, à Kinshasa, en République Démocratique du Congo (RDCongo).

En effet, les démobilisés sus évoqués en provenance de la Base militaire de Kitona dans la province du Kongo Central sont arrivés à Kinshasa depuis novembre 2019 et attendent avec impatience leur réinsertion sociale qui tarde à se matérialiser depuis lors.

Abandonnés à leur triste sort, lesdits démobilisés issus des groupes armés sont installés dans des tentes non éclairées et dorment à même le sol sur des morceaux de carton, faute des sacs de couchage.

Par manque d’abris, d’autres démobilisés ont érigé quelques huttes en paille à proximité desdites tentes pourtant en nombre insuffisant pour les accueillir tous ainsi que leurs dépendants dont onze (11) femmes civiles et treize (13) enfants.

Il convient de relever que les conditions d’hébergement des démobilisés sont exécrables et se trouvent aggravées par manque d’aliments, d’eau potable, des produits pharmaceutiques et d’installations hygiéniques.

Les conditions inhumaines déplorées sur terrain ont déjà occasionné la mort du démobilisé MUTELA Stéphane, de Mme Jacquie MALONDA (épouse d’un démobilisé répondant au nom de BISIMWA) et d’un enfant nommé Ami TAMBA MUNYOLOLO.

En guise d’illustration de la souffrance endurée par ces démobilisés, il convient de relever entre autres que pour se laver, ces derniers achètent un bidon d’eau de vingt (20) litres à deux cents francs congolais (200fc).

Pour l’histoire, il convient de noter que les démobilisés se composent de plusieurs groupes dont certains avec leurs dépendants sont principalement venus des provinces de l’Ituri, Maniema, ex Katanga, Nord Kivu et Sud Kivu. Parmi eux se retrouvent des personnes arrêtées ou assimilées aux combattants rebelles ou miliciens qui s’étaient rendus aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) depuis 2012.

De fil en aiguille, ils avaient été intégrés dans le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) dans les différents centres à l’Est du pays, ensuite acheminés à la base militaire de Kitona, dans la province du Kongo Central où ils ont vécu des situations pénibles depuis 2014.

A la suite d’une révolte faute de l’encadrement et d’une prise en charge à Kitona, les démobilisés ont été transférés à Kinshasa depuis le 19 novembre 2019 et logés dans des tentes au Camp CETA sous prétexte d’attendre leur retour dans leurs territoires respectifs d’origine.

Mercredi 22 janvier 2020, un certain M. Gustave, non autrement identifié, se réclamant du DDR s’est présenté aux démobilisés en affirmant qu’il est passé pour effectuer un contrôle physique avant leur intégration dans le Service national à Kanyama Kasese, option mal digérée par les démobilisés qui veulent absolument rentrer dans leurs milieux d’origine au lieu d’une intégration forcée au sein des FARDC.

Tout compte fait, la VSV dénonce la mauvaise prise en charge des démobilisés susceptibles de décourager d’autres personnes à quitter des groupes armés opérant en RDCongo.

La VSV invite par conséquent les autorités rdcongolaises à :

  • Garantir un minimum des besoins vitaux par l’approvisionnement en vivres et eau potable, ainsi que d’installations hygiéniques, sacs de couchage, des médicaments et des ressources financières requises ;
  • Examiner avec lucidité la situation de ces deux cent soixante-sept (267) démobilisés cantonnés au Camp Militaire CETA ;
  • Faire le suivi effectif et l’accompagnement des démobilisés du Camp CETA pour éviter que l’échec de leur réinsertion sociale et économique ne les incite en dernier recours à reprendre les armes ;
  • Assurer le retour dans la paix et la dignité humaine des démobilisés dans leurs milieux d’origine avec leurs kits de réinsertion sociale en bonne et due forme ;
  • Mettre un terme aux souffrances et conditions hostiles dont les démobilisés sont victimes présentement à proximité du Camp Militaire CETA.

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