PRESSE N°034 – 2018 RDCONGO/KINSHASA : LA VSV POUR UN MORATOIRE SUPPLEMENTAIRE DE DEUX MOIS EN FAVEUR DE TRANSPORTEURS PRIVES NON ENCORE EN REGLE

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) observe avec beaucoup d’inquiétudes  les graves souffrances endurées par la population kinoise en matière de transport en commun, consécutivement aux mesures de contrôle de conformité prises par les autorités urbaines en vue de lutter contre l’éclosion galopante du banditisme urbain, caractérisé entre autres par les enlèvements et agressions à mains armées.                                       Pour ce faire, les transporteurs privés ont été tous obligés de peindre en couleur jaune leurs véhicules et d’acquérir auprès de l’Hôtel de Ville de Kinshasa un numéro à afficher imprimé sur autocollant pour faciliter l’identification des véhicules commis au transport en commun.

 

En effet, bien que jugées salutaires par la population, l’entrée en vigueur, desdites mesures ont exacerbé une situation déjà précaire dans le domaine de transport en commun à Kinshasa où sortir le matin et rentrer le soir constitue actuellement un véritable calvaire,  compte tenu de l’insuffisance criante des bus et minibus mis en circulation par l’Hôtel de ville de Kinshasa à travers NEW TRANSKIN et le Gouvernement central avec la société de Transport en Commun au Congo (TRANSCO).

 

Dans cette optique, il y a lieu de souligner que le charroi  automobile de ces deux entreprises publiques ne représente en réalité dans l’ensemble qu’une goutte d’eau dans l’océan, comparativement à la demande sans cesse croissante et hautement considérable de la population de Kinshasa, en pleine expansion démographique.

 

Aussi,  le problème se poserait avec moins d’acuité présentement si l’Etat rdcongolais aurait été à même de disponibiliser s’il en disposait un lot important des bus et mini bus pour assurer efficacement le transport des personnes et des biens à travers la capitale.

 

Depuis l’expiration du moratoire accordé aux taxis , taxi-bus et bus de se mettre en ordre, les conditions de transport en commun se sont davantage détériorées avec une aggravation conséquente résultant de la rareté des moyens de transport en majeur partie appartenant aux privés non encore en règle de conformité.

 

En outre, la VSV saisit cette occasion pour fustiger la réapparition avec force du phénomène « demi-terrain » pratiqué par les transporteurs en commun (taxi, taxi-bus et bus), replongeant ainsi la population dans de longues marches à pied, faute d’alternatives heureuses.

 

Il sied de relever en passant que tôt le matin, les gens se bousculent dans des arrêts lors d’attentes souvent agitées des véhicules qui sont instantanément  remplis comme un œuf au bout de quelques minutes dès  leurs arrivées tandis qu’une marée humaine s’avançant en file indienne progresse à pied le long des artères. Le même mouvement s’observe également le soir lors du retour à domicile après de longues heures de travail. Il s’agit en réalité d’un véritable spectacle désolant quasi interminable et récurent.

 

Force est de constater que les trains urbains actuellement inopérationnels auraient pu faciliter dans une certaine mesure le déplacement d’une portion non moins importante de la population comme cela fut le cas jadis à Kinshasa. La mise à contribution de ce moyen de transport terrestre exige sa réhabilitation urgente en vue d’alléger la pénurie criante observée dans le secteur de transport dans la capitale rdcongolaise.

Tout compte fait, la VSV réitère ses vives inquiétudes et recommande aux autorités tant du gouvernement central que  provincial de :

 

  • Reconduire le moratoire pour une durée de deux mois en vue de permettre aux transporteurs non en règle de se mettre utilement en ordre, et ce, aux fins d’atténuer l’indicible souffrance endurée par la population kinoise ;
  • Renforcer le charroi automobile de la société TRANSCO et NEW TRANSKIN ainsi qu’assainir leur gestion afin d’améliorer leur capacité opérationnelle sur terrain ;
  • Réhabiliter les trains urbains afin de réduire sensiblement les tracasseries dues au déficit des moyens de transports en commun à Kinshasa ;
  • Assurer la transparence dans la gestion des fonds de différentes taxes routières imposées aux véhicules de transport en commun et affecter les fonds provenant de la vente de numéro d’identification aux travaux d’utilité publique dont l’entretien des routes afin d’inciter leurs propriétaires à se soumettre de bonne foi ;
  • Sensibiliser les transporteurs en commun sur l’utilité des mesures prises par les autorités urbaines en vue de combattre l’insécurité à Kinshasa dans l’intérêt de la population meurtrie par le banditisme urbain tant décrié.

 

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