PRESSE N°31 – 2020 RDCONGO : SOS EN FAVEUR DES DEMOBILISES INSTALLES AU CAMP CETA DANS LA COMMUNE DE LA N’SELE A KINSHASA SUR LE POINT D’ETRE EXTERMINES A PETIT FEU

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) exprime une fois de plus ses vives inquiétudes et tire la sonnette d’alarme suite au calvaire enduré par environ deux cent quarante-deux (242) démobilisés mis à la disposition de l’Unité d’Exécution du Programme National de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (UEPN-DDR) venus de Kitona, et installés sur un terrain du Centre d’Entrainement des Troupes Aéroportées (CETA), sis dans la commune de la N’sele, à Kinshasa, en République Démocratique du Congo (RDCongo).

En effet, les précités démobilisés font face à des difficultés infrahumaines et vivent dans la précarité sans eau potable, nourriture, ni installations hygiéniques assainies et moins encore des sacs de couchage n’ont pas le droit d’accès aux soins de santé et dorment dans des tentes sur de vieux morceaux de cartons.

Plusieurs cas de décès en dehors de trois (3) enregistrés précédemment se  sont ajoutés ces derniers temps. Il s’agit de MM. Etienne Muteba, Amani Katoto, Mutuza Kimbiri, Christophe, Byamungu Magumu Runyurira, et Madumbu Seromba François. Ce dernier         a été enterré en toute discretion jeudi 17 septembre 2020, sans associer ses compagnons d’infortune à l’inhumation de sa dépouille. Au calvaire des  démobilisés s’ajoutent de nombreux malades notamment MM. Cedric Lemami Saïdi souffrant de la hernie, Muhindo Kigoma Grâce atteint de la tuberculose (avec tout le risque de contagion au groupe), Kalule Mwaka David souffrant du ballonnement du ventre, Idolwa Mwepa terrassé par la malaria, Ndagije et Hererimana Barianga Salomon (divers traumatismes) ainsi que Tambwe actuellement hospitalisé. Ces malades qui n’ont pas de familles à Kinshasa ne sont pas pris en charge par UEPN-DDR ni par l’Etat-Major des Forces Armées de la RDCongo (EM/FARDC) ou le Gouvernement rdcongolais.

C’est depuis le mois de novembre 2019 que les précités, auparavant au nombre de deux cent soixante-sept (267), sont arrivés à Kinshasa en provenance  de la base militaire de Kitona, province du Kongo Central pour leur rapatriement et leur réinsertion dans leurs provinces respectives.

Selon les informations parvenues à la VSV, les démobilisés du Camp CETA avaient bénéficié d’une formation pour leur réinsertion à Kitona, axée particulièrement sur l’entreprenariat. Chacun d’eux avait apprêté un projet pouvant contribuer au développement du pays ou de leurs contrées au cas où des moyens financiers et matériels leur seraient octroyés. Même les kits de réinsertion promis par le programme n’ont jamais été remis aux démobilisés du Camp CETA et, personne ne semble  se soucier de leur situation ni de leur rapatriement vers leurs milieux d’origine.

Il est dès lors étonnant de constater à ce jour la non prise en charge depuis novembre 2019 et l’abandon total des démobilisés du Camp CETA par les autorités militaires congolaises  et par certains partenaires impliqués dans le programme DDR aux fins de parachever le processus sur la réinsertion de ce groupe jusqu’à son rapatriement vers les provinces d’origine.

Pour la VSV, l’abandon et la non prise en charge desdits  démobilisés risquent de décourager d’autres personnes faisant partie des groupes armés opérant à le quitter en RDCongo aux fins d’intégrer le processus DDR, en privilégiant la paix.

La VSV rappelle aux autorités congolaises que les démobilisés du Camp CETA ont le droit à la dignité due à toute personne humaine.

Afin de préserver la dignité et d’épargner au reste de démobilisés toutes sortes  de désagrément,  la VSV invite instamment le Gouvernement rdcongolais à :

  • Initier dans le cadre de programme DDR un contrôle rapide sur la gestion des démobilisés installés au Camp CETA ;
  • Prendre en charge de façon conséquente y compris l’accès aux soins de santé tous les démobilisés et leurs dépendants pour leur rapatriement vers leurs milieux de vie ;
  • Procéder à la remise des kits de réinsertion à tous les démobilisés du Camp CETA.

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