PRESSE N°012/2020: LUTTE CONTRE LE COVID-19 : LE PORT DE MASQUE OBLIGATOIRE COMMENCE A FAIRE DES VICTIMES DES VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) dénonce et condamne les violations des droits de l’homme commises sous prétexte de la non observance de la mesure de port de masque obligatoire à Kinshasa, République Démocratique du Congo (RDCongo).

Le dernier cas en date, est la mort par balle, à Kinshasa/Kimbaseke, mardi 22 avril 2020 d’un taximan n’ayant pas porté de masque. En effet, l’incident s’est produit au cours du contrôle du port de masque par la police au niveau de l’arrêt Matamba dans la commune de Kimbaseke.

La victime dépourvue de masque a eu des échanges avec des policiers dont l’un a tiré une balle qui l’a atteint mortellement. Acheminé au camp CETA, la victime a succombé à ses blessures. Le deuxième cas est celui de deux (2) personnes blessées par balle tirée par un policier dans la commune de Masina après une altercation avec l’un des blessés sur le non port de masque. Curieusement, le policier lui-même ne portait pas de masque. 

Tout en saluant les efforts des autorités congolaises dans la lutte contre la propagation du COVID-19, la VSV attire cependant, leur attention pour que le respect des mesures préventives ou des gestes barrières soit et demeure l’objectif primordial pour lutter efficacement contre cette pandémie.

En effet, sans respect strict de cet objectif principal, la VSV craint l’augmentation des violations des droits humains en lien avec la lutte contre le COVID-19 et craint également que la répression à travers entre autres les amendes de 5000FC par personne n’ayant pas porté de masque soient la priorité pour les forces de l’ordre aux fins de rançonner une population démunie et déjà paupérisée depuis de nombreuses années suite à la mauvaise gouvernance qui a élu domicile en RDCongo.

La VSV demande également aux autorités congolaises en général et à la hiérarchie de la police en particulier de ne déployer sur terrain que des policiers capables d’observer eux-mêmes les mesures préventives contre COVID-19 avant de les faire observer par les autres citoyens. Il est inadmissible qu’un policier qui n’a pas lui-même porté de masque puisse en exiger à quelqu’un d’autre ou lui exiger une amende.

Tout compte fait, la VSV porte à la connaissance de l’opinion publique que les ONGDH feront un monitoring régulier des violations des droits humains commises en lien avec la lutte contre le COVID-19 pour toutes fins utiles afin que les auteurs desdites violations répondent de leurs actes.

La VSV demande à la population congolaise de dénoncer toutes les violations des droits de l’homme dont elle ferait l’objet, sous divers prétextes en ce moment particulier où le monde entier fait face à la pandémie COVID-19.

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