PRISE DE POSITION DE LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME(VSV) FACE AUX ENJEUX SOCIO- POLITIQUES DE L’HEURE EN RDCONGO

La Voix des  Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) suit avec attention l’évolution de la situation Socio- politique en République Démocratique du Congo (RDCongo) depuis l’avènement au sommet de l’Etat du Président Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO que d’aucuns y compris la VSV souhaiteraient voir réussir le mandat pour l’intérêt supérieure de la République Démocratique du Congo.

La VSV salue, une fois de plus, les efforts fournis par les autorités congolaises en général et le Chef de l’Etat en particulier de Janvier à fin Mai 2019 en ce qui concerne la gestion de la chose publique et surtout le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales des personnes.

L’opinion tant nationale qu’internationale a salué les mesures prises en faveur de la libération des prisonniers  politiques et d’opinion, le bon déroulement des manifestations et autres rassemblements politiques et ceux des mouvements citoyens, l’ouverture des medias fermés, le retour des exilés politiques en  RDCongo, la diffusion des informations sur les activités politiques des opposants politiques à la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC).

Cependant, malgré  ce tableau reluisant ci–haut peint, il convient  de relever que depuis Juin 2019 le retour de quelques vieilles méthodes décriées du régime passé principalement les interdictions illégales de manifester suivies des brutalités policières et des interpellations des personnes manifestants pacifiquement frisant ainsi un recul dans la jouissance de l’exercice du droit à la liberté de manifestation garanti par la Constitution de la RDCongo (Art 26), la Charte Africaine des droits  de l’homme et des peuples (Art 11) et le Pacte international relatifs  aux droits civils et politique (Art 21).

Malgré le recul sus évoqué, il convient de souligner que la situation actuelle des droits de l’homme est de loin mieux qu’avant l’alternance politique de décembre 2018.

Sur un autre volet, la problématique sur certaines préoccupations  se pose avec acuité ces derniers temps et les déclarations on ne peut plus décevantes  sur toutes ces questions ne sont pas de nature à favoriser l’avènement de l’Etat de droit et moins encore la paix dont le Chef de l’Etat a récemment parlé à Bukavu, Province du Sud Kivu, paix pour laquelle il serait prêt à mourir.

Il s’agit de : Sanctions de l’Union Européenne (UE) contre certaines personnalités congolaises et de la lutte  contre l’impunité, la corruption et le détournement des fonds publics.

  1. Sanctions de l’Union Européenne contre certaines personnalités congolaises

 

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme est vivement préoccupée par le débat autour de la levée ou pas des sanctions contre certaines  personnalités congolaises.

A ce sujet, la VSV demande aux uns et aux autres de penser à toutes les victimes des raisons pour lesquelles l’Union Européenne avait décidé de sanctionner ces personnalités congolaises notamment les violations graves des Droits de l’Homme et les entraves au processus électoral.  De nombreuses personnes ont été tuées à balles réelles alors qu’elles avaient droit à la vie comme les personnalités aujourd’hui sous sanctions ; des centaines des personnes ont été blessées par balles alors qu’elles avaient droit au respect de leurs vies et à l’intégrité physique ; des dizaines de personnes ont perdu des biens de valeur à la suite des répressions brutales alors qu’elles avaient droit à la propriété ; des églises ont été profanées foulant ainsi aux pieds le droit à la liberté de culte, des prêtres passés à tabac pour leur soutien à la population réclamant les élections et le respect de la Constitution, etc.

 

Les victimes des entraves au processus électoral et des violations massives des droits de l’homme n’ont eu ni le droit d’accès à la justice ni le droit à une réparation pour les préjudices subis jusqu’à ce jour où l’on débat sur la levée ou pas des sanctions de l’Union Européenne.

 

Pour la VSV, le maintien des sanctions par l’UE contribuera énormément à la lutte contre l’impunité en RDCongo et à la consolidation des processus électoraux à venir. Le maintien des sanctions contribuera à la prévention d’autres violations des droits de l’homme et des entraves au processus électoraux dans le futur.

 

Autant les uns et les autres ont de la pitié pour les personnalités sous sanctions autant il est inadmissible que les violations des droits de l’Homme auxquelles elles ont pris part directement ou indirectement ou du fait de n’avoir rien fait, dans l’exercice de leurs fonctions, pour les empêcher demeurent impunies. Des risques de voir les mêmes violations se reproduire dans le futur sont grands si les auteurs des violations des droits de l’Homme consécutives au processus électoral ne répondent pas de leurs actes même après les élections de décembre 2018.

 

  1. Lutte contre l’impunité et contre la corruption et le détournement des fonds publics

 

La VSV est convaincue que la lutte effective contre l’impunité en RDCongo est la seule voie royale pour une paix durable en RDCongo. Aucun réel Etat de droit ne peut se bâtir sur l’impunité et aucune paix durable n’est possible sans panser les plaies des victimes des attaques répétées des groupes armés à l’Est de la RDCongo, sans rendre justice aux nombreux manifestants pacifiques et militants pro-démocratie tombés aux fronts pour avoir réclamé les élections dans le strict respect de la Constitution de la RDCongo ( Rossy MUKENDI, Thérèse KAPANGALA, …), aux journalistes et aux défenseurs des droits de l’homme tels que Floribert CHEBEYA BAHIZIRE et Fidèle BAZANA EDADI, Pascal KABUNGULU, Serge MAHESHE, etc. qui ont été assassinés pour la démocratie et les droits de l’homme.

 

La VSV rappelle aux autorités congolaises en générale et au Chef de l’Etat en particulier qu’il sera impossible d’avoir une paix durable et de réconcilier les congolaises et congolais ni avec eux-mêmes ni avec les autres sans rendre justice aux victimes des graves violations des droits de l’homme et sans que celles-ci aient droit à la vérité et à la réparation, etc.

 

Point n’est besoin de rappeler la devise de la RDCongo « Justice-Paix-Travail » pour dire que la justice précède la paix et pas l’inverse comme sous la Deuxième République (Zaïre =Paix-Justice -Travail).

 

La VSV demande au Président de la République de disposer du temps pour « fouiner », avec courage et détermination en dépit du contexte difficile(coalition) dans lequel il travaille, sur le passé en sa qualité de Magistrat Suprême pour que Justice soit rendue aux nombreuses victimes des droits de l’homme et de la démocratie en RDCongo afin de mieux convaincre l’opinion nationale sur sa volonté politique de bâtir l’Etat de droit en RDCongo, un Etat de droit où personne quel que soit son rang, quelles que soient sa fonction et sa fortune ne sera au-dessus des lois.

 

Tout en soutenant le rejet, par le Chef de l’Etat de la politique de « chasse aux sorcières et des règlements de compte », la VSV fait remarquer que le fait de poursuivre les auteurs des violations graves des droits de l’homme connues et avérées,… ne rime à rien avec la chasse aux sorcières ou aux règlements de compte mais cela participe plutôt à la construction de l’Etat de droit et à la gouvernance démocratique.

 

S’agissant de la lutte contre la corruption, la VSV demande au Président de la République de mener cette lutte avec détermination et en toute transparence pour qu’il ait les moyens nécessaires de répondre aux nombreuses attentes de la population congolaise à travers toutes les couches socioprofessionnelles.

 

Ces attentes si nombreuses pourraient constituer une bombe à retardement si elles ne sont pas bien gérées par les nouvelles autorités congolaises.

 

La VSV saisit cette occasion pour demander au Président de la République d’user de toutes ses prérogatives pour que les  quinze million de dollars qui ont suscité beaucoup de controverses soient reversés dans le compte du trésor public afin de rassurer l’opinion quant à la volonté de lutter contre la corruption et le détournement des fonds. En effet,  le dossier de quinze million de dollars risquerait, s’il n’est pas bien géré de ternir davantage l’image de la RDCongo en ce qui concerne la transparence dans la gestion des fonds afin de servir « Le Peuple d’abord ».

Fait à Kinshasa, le 09 octobre 2019.

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

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