N°034 : LES AUTORITES APPELEES A RESPECTER LE DROIT A L’EXERCICE DES LIBERTES PUBLIQUES

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) exprime sa vive désapprobation et condamne vigoureusement les restrictions des libertés publiques, observées depuis plusieurs mois dans plusieurs villes de la RDCongo de la part des autorités politico-administratives et sécuritaires. Les violations  des libertés publiques pourtant garanties par la Constitution ciblent les plus souvent les acteurs politiques de l’opposition et conduisent dans la plupart des cas à des violations des droits humains notamment des arrestations arbitraires, des détentions illégales, des enlèvements, des menaces, des répressions sanglantes et meurtrières, des violences, des disparitions forcées.

Le récent cas illustratif en date  est la répression policière lundi 23 octobre 2017 de plusieurs cadres et membres de l’opposition politique consécutivement à la visite de M. Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement dans la ville de Lubumbashi, province du Haut-Katanga.

Selon les informations parvenues à la VSV, lundi 23 octobre 2017, très tôt matin des policiers anti-émeute appuyés par des éléments de la Garde Républicaine (GR) ont été  déployés dans la ville de Lubumbashi, province du Haut-Katanga en vue d’empêcher des militants de l’opposition de se rendre à l’aéroport de Lubumbashi pour accueillir le Président du Rassemblement. Les Forces de l’ordre et de sécurité ont été instruites par l’autorité urbaine de disperser tout attroupement de plus de cinq (5) personnes. Dans ses circonstances, les forces de l’ordre et de sécurité se sont mises à disperser violemment de nombreux militants et sympathisants de l’opposition venus accueillir le Président du RASSOP en se livrant aux jets de grenades à gaz lacrymogène et à infliger de coups de matraques occasionnant ainsi  des dizaines des blessés, plusieurs personnes appréhendées, des opposants molestés,…

Il convient de relever que l’honorable Gabriel Kyungu wa Kumwanza, député provincial et Coordonateur du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement dans le Haut-Katanga a été intercepté vers l’aéroport de Loano par des policiers armés à bord de quatre (4) véhicules qui l’ont ramené de force à son domicile.

Des chars de combats ont été déployés à plusieurs endroits de la ville pour empêcher la tenue du meeting prévue par l’opposition le même jour.

Auparavant, dimanche 22 octobre 2017, plus de vingt (20) membres du parti politique de l’opposition Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS)/Haut-Katanga ont été arrêtés arbitrairement  par des policiers qui ont fait irruption dans leur siège au moment où ils tenaient une réunion en rapport avec la visite et le séjour du Président du Rassemblement dans la province du Haut-Katanga.

Pour l’opinion, la décision du Maire de Lubumbashi, Monsieur Jean Oscar Sanguza portant interdiction de toute manifestation publique organisée sans l’obtention préalable d’une autorisation écrite de l’autorité urbaine viole la Constitution de la RDCongo instituant et privilégiant simplement  un régime d’information en la matière et nullement autres choses.

D’aucuns désapprouvent l’instrumentalisation des instances politico-administratives et des forces de l’ordre et de sécurité en faveur des intérêts politiques du pouvoir de Kinshasa alors qu’elles sont censées  œuvrer indistinctement pour l’intérêt de toute la population congolaise quelle que soit l’obédience politique en garantissant de manière juste et équitable le respect et la jouissance des droits légalement reconnus à chaque citoyen.

Voilà qu’à peine élu au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la RDCongo n’hésite pas à manifester et à dévoiler une fois de plus sa vraie nature en tant qu’ un Etat policier hautement répressif ne garantissant pas sur son territoire la jouissance de certains droits humains.

Aussi, la VSV invite-t-elle les autorités congolaises à ouvrir davantage l’espace démocratique en RDCongo en vue de garantir effectivement la jouissance des droits individuels et collectifs conformément aux instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux en matière des droits humains.

Tout compte fait, la VSV recommande aux autorités rdcongolaises de :

  • Ouvrir une enquête indépendante sur la récente répression des militants et sympathisants de l’opposition et sanctionner les coupables conformément à la loi ;
  • Libérer toutes affaires cessantes et sans conditions toutes les victimes des arrestations arbitraires, détentions illégales et d’enlèvements;
  • Libérer l’espace politique en vue de contribuer à la décrispation du climat politique en RDCongo ;
  • Lever toutes les mesures et autres décisions prises par les exécutifs provinciaux portant interdiction illégale et anticonstitutionnelle des manifestations publiques.

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